Mr le président,
Vous allez, me semble-t-il, vous présenter aux prochaines élections présidentielles, et tout est à votre honneur. Cependant, deux questions se posent d'elles-mêmes : êtes vous satisfait personnellement du bilan de vos deux précédents mandats, si jamais on peut parler d'un quelconque bilan ? Vos projets sont ils menés à terme et dans de meilleures conditions ou étaient-ce des projets sans limite dans le temps ? Ce qui peut valoir votre ambition de rester à la tête de ce pays, en régression vertigineuse, à vie.
Depuis votre arrivée au pouvoir monsieur le président, et vous en conviendrez j'en suis certain, l'Algérie n'a jamais été aussi dépendante des importations, ni ses exportations, par ricochets, n'ont connues une si forte baisse. Et ce, malgré l'embellie financière dont jouissent les caisses. Je sais pertinemment que vous y pensez constamment, mais bien sur, ça ne vous empêche pas de dormir.
La presse indépendante et l'intelligentsia du pays vous fustigent et critiquent fortement votre gouvernement et ses politiques. Oui. Ses politiques, car on l'a vu tergiverser dangereusement dans la prise des mesures urgentes et efficaces pour la relance économique surtout, mais aussi pour différentes reformes notamment scolaires et universitaires qui peinent spectaculairement à donner des fruits.
L'on se demande tous ça et là pourquoi un président aime-t-il, à ses dépens, être entouré de tant d'incompétences ? Auriez vous une réponse à cela monsieur le président ? Ou alors est-ce un choix stratégique ? Mais dans ce cas là, pourrons nous savoir les desseins de cette politique macabre que vous menez magistralement vous et votre gouvernement à notre insu ?
Lors de votre première investiture, bien que controversée, je vous ai reconnu surtout deux choses : L'énergie et l'élocution. On voulait vraiment un président qui serait sur tous les fronts, mais qui serait capable de joindre l'acte à la parole. On n'avait nullement besoin de discours pompeux que vos admirateurs aiment tant à clamer.
Durant votre second mandat, vous avez montré moins d'enthousiasme, plus de discrétion, mais surtout un net recul dans votre légendaire combat virtuel contre le mal Algérien du siècle, à savoir : la corruption et la bureaucratie. C'est ce qu'on dit : jamais deux sans trois. Aujourd'hui, ces deux types de cancers sont mieux entretenus que jamais et plus féroces.
Vous êtes arrivé dans ce bled en 99 en candidat présidentiable gagnant d'office. Vous avez remporté les élections dans des conditions que tout le monde connaît et que je ne préférerai pas évoquer. On en a voulu à ceux qui vous ont ramené et mis là ou vous êtes, mais plus tard, le peuple, les plus irréductibles veux-je dire, vous ont adopté par la force du temps et dupé par imprudence stratégique, ils ont cru en vous. Mais encore une fois, vous vous en moquez monsieur le président.
Importation massive, économie moribonde, restriction des libertés, corruption généralisée, bureaucratie institutionnalisée, chômage...étaient-ce donc ça vos aspirations politiques monsieur le président ?
C'est très rare qu'un président, excepté Mugabe auquel je ne voudrai pas vous comparer par politesse « intellectuelle » et respect, veuille autant de mal à son pays et à son peuple.
Regardez dans quel état nous sommes. Nous sommes devenu la risée du monde entier et contrairement à ce que vous pourrez penser, le monde jubile à chacune de nos défaites contre nous même. Etes vous donc si insensible à ça ? Croyez vous vraiment qu'en prenant revanche sur vos ennemis intérieurs d'une certaine époque, vous ne donnez pas l'occasion aux vrais ennemis de notre pays de s'approcher davantage et de s'introduire ?
Ne commettez pas l'erreur qui vous plongerait dans des remords qui vous poursuivront. Tendez la main à votre peuple monsieur le président et il ne vous lâchera pas je vous en fais la promesse.
Sur ce, je vous souhaite bonne lecture, longue vie et beaucoup d'amour pour votre patrie.
Sam Kalifi
PS: Cet article est écrit deux semaines avant l'annonce officielle de la candidature de Bouteflika.